Digitalisation d'une mairie

Open data : quels enjeux pour les collectivités territoriales

Si l’open data peut être de prime abord un casse-tête pour certaines communes, elle présente bien des intérêts. Tant pour les élus, que pour les citoyens...

Depuis la mise en application en 2018 de la loi pour une République numérique, les collectivités territoriales et intercommunalités de plus de 3 500 habitants et de 50 agents ont l’obligation de publier leurs données en libre accès sur Internet. Ce mouvement d’open data recouvre en outre de nombreux champs : marchés publics, données à intérêt économique, social, environnemental, culture…

Mais publier ces jeux de données s’avère pour beaucoup de communes complexe, d’autant qu’elles n’en saisissent pas toujours l’intérêt. Revenons sur ces points, avant de voir comment rendre plus lisible l’open data pour les collectivités.

Les difficultés des collectivités territoriales face à l'open data

Selon l’Observatoire open data des territoires, 460 collectivités participaient à l’ouverture des données publiques dans les territoires en octobre 2019. Si en un an le nombre de collectivités engagés dans l’open data a augmenté de 34%, au final, cela ne représente que près de 10% des collectivités pour lesquelles c’est une obligation. De plus, une très faible part des communes de moins de 100 000 habitants participent à l’open data. Comment expliquer cet engagement encore faible ?

Pour de nombreuses communes, le sujet n’est tout simplement pas une priorité, notamment dans les villes de taille plus modeste. Ok, quand on creuse un peu, l’un des freins qui apparaît pour ces communes est le manque de moyens. C’est notamment un manque de ressources humaines disponibles pour s’impliquer dans le projet, mais aussi ayant les compétences requises. À cela s’ajoute le budget d’adaptation des logiciels informatiques, pour traiter et uniformiser les données qui seront publiées.

À cela s’ajoute la réticence à publier certaines données, comme le montant des subventions aux associations. Il s’agit ici d’un changement de culture, en acceptant l’idée que cette donnée n’appartient pas à des élus mais au territoire, et qu’elle est donc toute disposée à être rendue publique et partagée. Quand bien même cet obstacle dépassé, se pose encore la question de quelles données publier ou non. On observe ainsi une très forte disparité des thématiques déclarées concernant les jeux de données rendus publiques.

Une autre problématique est la diffusion de ces données : les rendre publiques, d’accord, mais comment les publier ? Selon l’Observatoire open data des territoires, en 2018, une centaine de plateformes différentes étaient utilisées. Or, cela influe au final sur la qualité des données partagées, puisque la standardisation est plus délicate. Ainsi en 2019, moins de 2% des données respectent un format standard (lorsqu’il existe).

Au delà de ça, l’utilité de cette loi était peu perçue, notamment au début de sa mise en vigueur. C’est donc également le manque de compréhension autour des possibilités qu’offre l’open data qui freinent les collectivités dans leur engagement. Mais alors, quel intérêt peut bien représenter l’open data pour les collectivités territoriales ?

Quel est l’intérêt de l’open data pour les collectivités territoriales ?

Participer à l’open data, c’est avant tout oeuvrer à plus de transparence de l’action publique. C’est aussi un levier permettant d’impliquer davantage les citoyens dans la vie de leur territoire, et dans les actions de décision publique. Les enjeux pour les élus sont donc grands, puisqu’il s’agit d’entretenir les liens de confiance et de proximité avec leurs citoyens.

De plus, l’open data peut s’avérer être un vecteur d’innovation et de développement économique pour les territoires. En effet, tout l’intérêt dans la publication de ces jeux de données (s’ils sont partagés dans un format exploitable) réside dans leur réutilisation dans divers écosystèmes, outils, ou initiatives locales. Des entreprises innovantes vont pouvoir se nourrir de l’open data, dans les secteurs du transport et de l’énergie notamment. Ces données sont par exemple cruciales pour la construction de villes intelligentes.

Un troisième avantage est que la collecte régulière de ces données va permettre aux élus locaux eux-mêmes de les réutiliser, pour analyser les besoins des citoyens, sonder leur territoire, évaluer la portée de leurs actions. La ville de Rennes par exemple, s’est rendu compte en prenant part au mouvement d’open data que sa base relative aux stations de vélo en libre service n’était pas à jour. Il y a donc ici une possibilité d’économies, qui passent par une utilisation réfléchie de l’open data.

Les collectivités sont donc les premières bénéficiaires de l’open data. Cet outil permet de décloisonner les services publics les uns des autres, tout en favorisant le dialogue avec des acteurs extérieurs, porteurs d’innovation.

Rendre plus lisible l’open data pour les communes et les citoyens

Pour une meilleure production et exploitation de l’open data, il est indispensable de s’entendre sur les meilleures pratiques et d’industrialiser celles-ci.

Cela sous-entend aussi une formation des agents sur le sujet, et notamment des cadres dirigeants. Ceux-ci pourront par la suite eux-mêmes sensibiliser leurs équipes au sujet et mettre en place des actions concrètes à l’acculturation de l’open data.

Pour avancer plus rapidement sur le sujet de l’open data, les collectivités peuvent aussi miser sur la mutualisation des plateformes de partage. C’est le cas de Rennes, Toulouse en Nantes, qui ont réalisé dès le départ un site commun. Pour ces agglomérations, il s’agissait de mutualiser l'ingénierie (pour une donnée plus qualitative et donc réutilisable), de gagner du temps, et de réduire les coûts d’investissement et de fonctionnement. En parallèle, pour les utilisateurs potentiels, il s’agit aussi d’un avantage, puisqu’ils ont ainsi une vue plus globale du territoire.

Ainsi, le développement de l’open data dans les collectivités locales, et notamment dans les communes de plus petite taille, passe par un échange avec des interlocuteurs à même de guider, conseiller, accompagner. C’est aussi un projet à même de renforcer les liens entre les différentes instances locales, en construisant ensemble les outils de l’open data de leurs territoires.

Neoly, la solution d’aide et de simplification pour les élus locaux, milite pour un engagement des territoires dans l’open data. C’est pour cela qu’au coeur de son application Neoly met en avant les données de leur territoire aux élus. Ainsi, ils prennent eux-mêmes conscience de l’intérêt de l’open data dans leur prise de décisions, de manière à mieux prioriser leurs actions.

Et vous, en tant qu’élu local, souhaitez-vous simplifier votre engagement politique ?